,

Fatiguée… ou mentalement épuisée ?

La semaine dernière, je vous parlais de cette fatigue qui s’installe parfois sans que nous sachions vraiment pourquoi. Depuis, une question me trotte dans la tête : Quand nous disons « je suis fatiguée…

·

Femme ressentant de la fatigue mentale et du brouillard mental

La semaine dernière, je vous parlais de cette fatigue qui s’installe parfois sans que nous sachions vraiment pourquoi.

Depuis, une question me trotte dans la tête :

Quand nous disons « je suis fatiguée », de quelle fatigue parlons-nous vraiment ?

Il y a celle du corps. Celle que nous connaissons bien : après une mauvaise nuit, une maladie, un effort ou une période particulièrement intense.

Et puis il y en a une autre, plus difficile à identifier.

Celle qui nous fait dire :

« Je n’ai pourtant rien fait aujourd’hui et je suis épuisée. »

Le corps n’a peut-être pas beaucoup bougé.

Mais la tête, elle, n’a pas arrêté.


Quand notre cerveau ne se repose jamais vraiment

Penser au rendez-vous de demain.

Répondre à ce message.

Prendre rendez-vous pour un parent.

Ne pas oublier d’acheter ceci.

Organiser le week-end.

Régler ce dossier.

Penser au travail, aux enfants, à la maison, aux papiers…

Et même lorsque nous sommes enfin assises, la liste continue de défiler.

C’est une partie de ce que l’on appelle la charge mentale.

Elle ne correspond pas seulement à tout ce que nous faisons, mais aussi à tout ce que nous devons anticiper, organiser, décider et garder en mémoire pour que notre quotidien fonctionne.

Et ce travail-là est largement invisible.

Les recherches sur la fatigue mentale montrent qu’une sollicitation cognitive prolongée peut générer une sensation de fatigue et avoir des répercussions sur notre attention, notre motivation ou nos performances cognitives.

Cela explique peut-être pourquoi certaines journées nous épuisent alors que nous avons l’impression de ne « pas avoir fait grand-chose ».

Notre corps s’est peu dépensé. Notre cerveau, beaucoup.


Et à la cinquantaine ?

À cette charge mentale peuvent parfois venir s’ajouter les bouleversements de la périménopause et de la ménopause.

Beaucoup de femmes connaissent ce fameux « brouillard mental » :

Chercher ses mots.

Oublier pourquoi on est entrée dans une pièce.

Perdre le fil de ce que l’on était en train de faire.

Avoir davantage de mal à se concentrer.

Les études consacrées à la transition ménopausique montrent que des difficultés cognitives sont fréquemment rapportées pendant cette période. Le sommeil, les bouffées de chaleur, le stress ou encore les variations de l’humeur peuvent également entrer en jeu.

Et je trouve important de le savoir.

Parce que cela permet peut-être d’arrêter de nous répéter :

« Avant, j’arrivais à tout faire. Qu’est-ce qui m’arrive ? »

Nous ne sommes pas forcément devenues moins capables.

Peut-être avons-nous simplement besoin d’apprendre à prendre soin de notre cerveau autrement.

Et c’est justement ce qui m’a amenée à m’intéresser davantage à ce que nous lui apportons, notamment à travers notre alimentation.


Mon expérience avec les oméga-3

Cela fait maintenant environ un an que je prends des oméga-3.

Et si vous me connaissez un peu, vous savez que la régularité n’est pas toujours mon point fort !

J’ai donc eu plusieurs périodes pendant lesquelles j’ai arrêté de les prendre.

Pas volontairement.

J’oubliais un jour, puis deux. Je sortais de ma routine et finalement les jours passaient.

Et quelque chose m’a interpellée.

À chaque fois, après quelque temps, je voyais réapparaître cette sensation de fatigue et surtout ce fameux brouillard mental : moins de clarté, davantage de difficultés à me concentrer, cette impression d’avoir le cerveau embrumé.

Puis je reprenais mes oméga-3.

Et dans les jours qui suivaient, généralement à partir d’une semaine environ, j’avais la sensation que les choses s’amélioraient progressivement : davantage de clarté mentale et moins de fatigue.

La première fois, je me suis dit :

« C’est certainement une coïncidence. »

La deuxième fois, j’ai commencé à m’interroger.

Mais aujourd’hui, après avoir observé le même scénario pour la troisième fois, je trouve cela suffisamment intéressant pour ne plus l’ignorer.

Est-ce que cela prouve que les oméga-3 sont responsables de cette amélioration ?

Non.

Mon expérience personnelle ne permet évidemment pas de l’affirmer.

Mon sommeil, mon niveau de stress, mon alimentation ou mon activité physique peuvent aussi évoluer en même temps.

Mais cette répétition m’a donné envie de regarder d’un peu plus près ce que la science nous dit des oméga-3 et de notre cerveau.


Que nous dit la science sur les oméga-3 et le cerveau ?

Parmi les oméga-3, il en existe un dont vous avez probablement déjà entendu parler : le DHA.

Le DHA est un acide gras particulièrement présent dans le cerveau. Il participe notamment à la structure des membranes des cellules nerveuses et contribue au maintien d’une fonction cérébrale normale.*

Mais attention à ne pas aller trop vite.

Cela ne signifie pas que prendre des oméga-3 va supprimer la fatigue, faire disparaître le brouillard mental ou régler notre charge mentale.

Ce serait beaucoup trop simple.

En revanche, cela nous rappelle quelque chose d’essentiel : notre cerveau est un organe et, comme le reste de notre corps, son fonctionnement dépend aussi de notre environnement, de notre sommeil, de notre activité physique et de ce que nous mangeons.

C’est d’ailleurs tout le champ de la psychonutrition qui m’intéresse de plus en plus.

Le Dr Guillaume Fond, psychiatre et chercheur, travaille notamment sur les liens entre nutrition, hygiène de vie et santé mentale. Ses travaux et ses publications participent à mieux faire connaître cette approche : notre alimentation ne remplace évidemment pas une prise en charge médicale lorsque celle-ci est nécessaire, mais elle fait partie des facteurs sur lesquels nous pouvons agir pour prendre soin de notre santé.

Et cette idée me parle énormément.

Parce qu’elle correspond à ma vision de plus en plus préventive de la santé :

ne pas attendre que quelque chose aille mal pour commencer à prendre soin de soi.


Finalement, mon vrai apprentissage est peut-être ailleurs

En écrivant cet article, je me rends compte que cette histoire d’oméga-3 me ramène à quelque chose de beaucoup plus large.

La régularité.

Nous cherchons souvent LA bonne solution.

Le bon complément.

La bonne alimentation.

La bonne routine.

La bonne méthode.

Et si une partie de la réponse se trouvait simplement dans notre capacité à répéter certains petits gestes suffisamment longtemps ?

Je le constate avec les oméga-3.

Je le constate avec la marche.

Avec le sommeil.

Avec l’activité physique.

Et finalement avec beaucoup de choses dans ma vie.

Ce ne sont peut-être pas les grandes actions ponctuelles qui font la différence.

Ce sont les petits gestes que nous réussissons à répéter.

Alors cette fois, c’est décidé.

Mes oméga-3 vont entrer dans ma routine quotidienne exactement comme me laver les dents.

Plus besoin d’y réfléchir.

Plus besoin de me demander si j’en ai envie.

Juste un petit geste quotidien pour prendre soin de moi.


Et si nous commencions simplement par nous écouter ?

La semaine dernière, je me demandais si notre corps ne cherchait pas parfois à nous demander de ralentir.

Aujourd’hui, j’irais un peu plus loin.

Peut-être devons-nous aussi apprendre à identifier ce qui est réellement fatigué en nous.

Notre corps ?

Notre cerveau ?

Notre sommeil ?

Ou simplement cette tête qui essaie depuis des années de penser à tout, pour tout le monde ?

À 45, 50 ou 60 ans, prendre soin de notre énergie ne signifie peut-être pas seulement nous reposer davantage.

C’est aussi apprendre à alléger notre charge mentale, à nourrir correctement notre corps, à bouger, à dormir, à nous écouter…

Et surtout à installer progressivement des habitudes suffisamment simples pour durer.

Parce que je ne cherche plus à être parfaite dans ma façon de prendre soin de moi.

J’apprends simplement à être plus régulière.

Et vous ?

Lorsque vous dites « je suis fatiguée », avez-vous plutôt l’impression que c’est votre corps qui est fatigué… ou votre tête qui n’arrive plus à s’arrêter ?


Pour aller plus loin

Le Dr Guillaume Fond, psychiatre et chercheur, s’intéresse notamment à la psychonutrition et aux liens entre alimentation, hygiène de vie et santé mentale.

Pour les données scientifiques évoquées dans cet article, je me suis notamment appuyée sur des publications scientifiques consacrées aux changements cognitifs pendant la transition ménopausique ainsi qu’aux rôles physiologiques des acides gras oméga-3.

* L’effet bénéfique du DHA sur le fonctionnement normal du cerveau est obtenu avec une consommation quotidienne de 250 mg de DHA.

Cet article partage mon expérience personnelle et des informations générales autour de la prévention et de l’hygiène de vie. Il ne constitue pas un avis médical. Une fatigue importante, inhabituelle ou persistante, ou l’apparition de troubles cognitifs, mérite d’être évoquée avec un professionnel de santé.

Une amie pourrait-elle avoir besoin de lire cet article ? :

Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

More posts