Il y a quelques jours, je vous racontais ici mon été un peu particulier.
Cette période où, sans vraiment l’avoir décidé, j’ai décroché.
Moins d’envie.
Moins d’énergie.
Plus de difficulté à commencer les choses.
Et cette sensation étrange de ne plus me reconnaître tout à fait.
J’ai longtemps cru que lorsque je fonctionnais comme ça, il fallait que je me reprenne.
Que je retrouve ma motivation.
Que je me remette en mouvement.
Que je fasse un effort.
Cette fois, j’ai essayé de regarder les choses autrement.
Et si mon corps n’était pas en train de me lâcher ?
Et s’il essayait simplement de me dire quelque chose ?
Nous savons écouter notre téléphone mieux que notre corps
Quand notre téléphone affiche 10 % de batterie, nous savons exactement quoi faire.
Nous cherchons un chargeur.
Nous fermons certaines applications.
Nous activons éventuellement le mode économie d’énergie.
Et surtout, nous ne lui demandons pas de fonctionner comme s’il était encore chargé à 100 %.
Avec nous-mêmes, c’est souvent différent.
Nous sommes fatiguées, mais nous continuons.
Nous dormons moins bien, mais nous continuons.
Nous devenons irritables, impatientes, moins disponibles, mais nous continuons.
Nous n’avons plus envie de grand-chose, mais au lieu de nous demander pourquoi, nous nous reprochons notre manque de motivation.
Alors nous ajoutons parfois encore une couche :
Allez, bouge-toi.
Tu devrais faire du sport.
Tu devrais mieux manger.
Tu devrais être plus organisée.
Tu devrais reprendre tes bonnes habitudes.
Comme si la réponse à un organisme qui réclame peut-être moins était forcément de lui demander encore plus.
La fatigue n’est pas toujours seulement un manque de sommeil
Évidemment, nous pouvons être fatiguées parce que nous avons mal dormi.
Mais notre énergie dépend de bien plus que du nombre d’heures passées au lit.
Il y a la charge mentale.
Le stress.
Les préoccupations qui tournent en arrière-plan.
Les émotions que nous contenons.
Le rythme que nous nous imposons.
Les changements hormonaux qui accompagnent certaines périodes de notre vie.
Notre alimentation, notre activité physique, notre état de santé…
Et puis il y a toutes ces petites sollicitations quotidiennes qui, prises séparément, semblent insignifiantes mais qui finissent parfois par peser lourd.
Le corps, lui, additionne tout.
Et il arrive un moment où il commence à envoyer des signaux.
Ces signaux que nous banalisons facilement
La fatigue persistante en est un.
Mais ce n’est pas le seul.
Cela peut aussi être :
une irritabilité inhabituelle,
une difficulté à se concentrer,
une impression d’avoir le cerveau dans le brouillard,
des troubles du sommeil,
une envie de s’isoler,
une perte d’enthousiasme,
une difficulté à commencer des choses pourtant simples,
ou simplement cette phrase que l’on se surprend à répéter :
« Je n’ai envie de rien. »
Bien sûr, aucun de ces signes ne permet à lui seul de conclure que nous avons simplement besoin de ralentir.
Une fatigue persistante ou inhabituelle mérite aussi d’être prise au sérieux et, si elle dure ou s’accompagne d’autres symptômes, d’en parler à un professionnel de santé.
Mais avant même d’avoir toutes les réponses, nous pouvons commencer par faire quelque chose que nous faisons finalement assez peu :
écouter.
Et si la perte d’envie était un signal particulièrement précieux ?
C’est probablement ce que j’ai le plus compris cet été.
Chez moi, l’envie est un moteur.
J’aime découvrir.
Imaginer.
Créer.
Rencontrer.
Commencer de nouvelles choses.
Alors quand les envies disparaissent les unes après les autres, ce n’est peut-être pas simplement de la paresse ou un manque de volonté.
C’est peut-être mon voyant rouge.
Le signe que j’ai dépassé ma capacité du moment.
Et c’est une distinction importante.
Parce que si je considère ma perte d’envie comme un défaut à corriger, je vais me pousser.
Alors que si je la considère comme une information, je vais commencer par me demander :
De quoi ai-je besoin aujourd’hui ?
Ralentir ne veut pas forcément dire tout arrêter
C’est là que ma réflexion a évolué.
Pendant longtemps, j’ai fonctionné un peu en tout ou rien.
Quand j’avais de l’énergie, j’en profitais pour faire énormément de choses.
Et quand je n’en avais plus… j’arrêtais presque tout.
Puis, lorsque l’énergie revenait, je repartais à fond.
J’aimerais aujourd’hui apprendre autre chose.
Adapter mon rythme avant d’arriver à l’épuisement.
Continuer à avancer, mais peut-être moins vite.
Faire une chose au lieu de cinq.
Reporter ce qui peut attendre.
Dormir davantage lorsque mon corps le réclame.
Marcher sans objectif de performance.
Dire non à certaines sollicitations.
Accepter qu’une journée moins productive ne soit pas une journée ratée.
Et surtout, ne plus attendre d’être complètement vidée pour m’autoriser à ralentir.
À 45, 50 ou 60 ans, peut-être devons-nous aussi réapprendre notre propre mode d’emploi
Notre corps change.
Notre énergie peut changer.
Nos priorités aussi.
Et pourtant, nous continuons parfois à nous demander de fonctionner exactement comme à 30 ans.
Personnellement, je n’ai plus envie de me battre contre cela.
J’ai plutôt envie d’apprendre à connaître la femme que je suis aujourd’hui.
Son énergie.
Ses limites.
Ses besoins.
Mais aussi son rythme naturel.
Parce que prendre soin de sa santé ne consiste peut-être pas seulement à bien manger, faire du sport ou prendre soin de son sommeil.
Cela consiste aussi à reconnaître le moment où notre corps murmure :
« Là, c’est trop. »
Avant qu’il soit obligé de crier.
Alors, pour cette rentrée, je tente une autre expérience
Septembre est traditionnellement le mois des bonnes résolutions.
Celui où l’on reprend tout.
Le sport.
Les projets.
Les bonnes habitudes.
Les agendas bien remplis.
Cette année, j’ai envie de prendre le chemin inverse.
Je ne vais pas me demander :
« Qu’est-ce que je dois encore ajouter à ma vie ? »
Je vais essayer de me demander plus souvent :
« Qu’est-ce qui me fait du bien ? Qu’est-ce qui me nourrit ? Et qu’est-ce qui me coûte trop d’énergie aujourd’hui ? »
Je ne cherche plus à être performante.
Je cherche à devenir régulière, sans m’abandonner en route.
Et peut-être que prendre soin de sa santé commence exactement là :
non pas en exigeant toujours davantage de son corps,
mais en apprenant enfin à l’écouter.
Et vous ?
Quand votre corps commence à vous demander de ralentir, quel est le premier signal qu’il vous envoie ?
La fatigue ?
L’irritabilité ?
Le sommeil ?
La perte d’envie ?
Je serais vraiment curieuse de vous lire.



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