Septembre a toujours un petit goût de nouveau départ.
Même lorsque nous ne sommes plus étudiantes depuis longtemps 😉, la rentrée garde quelque chose de particulier.
L’été se termine doucement. Les journées raccourcissent. Les agendas se remplissent à nouveau. Les activités reprennent.
Et avec tout cela revient souvent une envie : repartir.
Reprendre le sport. Mieux manger. Se remettre à un projet laissé de côté. S’organiser différemment. Prendre de bonnes résolutions.
J’aime cette énergie de rentrée.
J’aime les nouveaux départs.
Et pourtant, cette année, je n’ai pas envie de repartir comme avant.
Parce que cela fait un peu plus d’un mois que je n’ai rien publié sur ce blog.
Et ce silence m’a appris quelque chose d’important sur moi.
Les vacances et l’été, ce n’est pas tout à fait la même chose
Il y a quelque temps, j’avais écrit ici un article intitulé « Retour de vacances : ce que mon retour m’a fait comprendre ».
En pensant à cet article de rentrée, je me suis demandé si je n’allais pas finalement raconter un peu la même chose.
Alors je l’ai relu.
Et non.
Je ne suis plus du tout dans le même ressenti, ni dans la même énergie.
Partir en vacances loin de chez soi crée une vraie coupure.
Mais l’été crée, lui aussi, une parenthèse particulière, même lorsqu’on ne part pas.
Pour beaucoup d’entre nous, le rythme professionnel ralentit. Les gens autour de nous partent en vacances. Il y a moins de rendez-vous, moins de sollicitations.
À la maison aussi, les habitudes changent.
Les journées sont plus longues.
On traîne davantage le soir.
Il y a les barbecues improvisés, les apéros, les soirées entre amis, les repas dehors…
Le temps semble s’étirer un peu.
L’atmosphère est différente.
Et cette période a été, pour moi, l’occasion d’une grosse prise de conscience.
Mais elle ne s’est pas faite sans mal.
Il m’aura fallu presque un mois de down pour commencer à comprendre ce qui était en train de se passer.
« Quand je suis mes envies, je suis en vie »
En relisant mon ancien article, une phrase m’a arrêtée.
Je l’avais écrite quelques mois auparavant :
« Quand je suis mes envies, je suis en vie. »
Cette phrase me parle toujours autant.
Mais aujourd’hui, elle a pris un autre sens.
À l’époque, je la regardais du côté de l’élan.
Suivre mes envies, écouter ce qui m’attire, découvrir, créer, rencontrer, entreprendre…
Tout cela me donne la sensation d’être pleinement vivante.
Mais cet été, j’ai découvert l’autre face de cette phrase.
Que se passe-t-il lorsque mes envies disparaissent ?
Parce que c’est exactement ce qui m’est arrivé.
Pendant plusieurs semaines, je n’avais plus envie de rien.
Plus envie d’écrire.
Plus envie de faire avancer mes projets alors qu’ils me tiennent profondément à cœur.
Les choses qui, quelques semaines auparavant, m’enthousiasmaient ne provoquaient quasiment plus rien en moi.
Je me sentais vide.
Triste.
Comme déconnectée de ce qui donne habituellement du relief et du sens à mes journées.
Je suis rentrée dans ma grotte.
J’ai fonctionné un peu en mode robot.
Et j’ai attendu.
Et évidemment, la culpabilité s’en est mêlée
Comme si cette perte d’énergie ne suffisait pas, une petite voix venait régulièrement me souffler :
« Mais enfin, de quoi te plains-tu ? Tu as tout pour être heureuse. »
Et quand je dis « tout », je ne parle évidemment pas uniquement du matériel.
Je parle de tous les domaines de la vie.
J’ai énormément de raisons d’être reconnaissante.
Alors pourquoi étais-je triste ?
Pourquoi n’arrivais-je pas simplement à profiter ?
Et une autre petite voix, celle de la honte, venait parfois s’ajouter :
« N’en parle pas. Les autres ne comprendraient pas. Il y a des gens qui vivent des choses tellement plus difficiles… »
Alors, en plus de ne pas aller bien, je culpabilisais de ne pas aller bien.
Cette petite voix mériterait probablement un article à elle toute seule.
Mais aujourd’hui, je commence simplement à accepter une idée :
On peut aimer profondément sa vie et traverser une période pendant laquelle on n’arrive plus vraiment à la ressentir.
Et surtout, au lieu de me demander immédiatement :
« Mais qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? »
j’ai commencé à me demander :
« Qu’est-ce que cet état essaie de me signaler ? »
Et peu à peu, une image s’est imposée à moi.
Je me vois sur un cheval, sur une grande plage
Je commence tranquillement au pas.
Je me sens bien.
Alors je passe au trot.
L’énergie monte.
Les idées arrivent.
L’enthousiasme aussi.
Une idée en entraîne une autre.
J’ai envie de créer, d’entreprendre, de découvrir, d’organiser, de rencontrer…
Alors je pars au galop.
Et j’adore ça ! 😍
J’aime cette partie de moi.
C’est probablement l’un des moments où je me sens le plus vivante.
Sauf que progressivement, mon cheval accélère.
Une idée en entraîne dix autres.
Puis cent.
Je commence à tout organiser.
À anticiper.
À planifier.
À imaginer la suite de quelque chose que je n’ai même pas encore commencé.
Un projet en appelle un autre.
Puis il faut un nouvel outil pour organiser le projet.
Puis une nouvelle liste pour organiser l’outil qui organise le projet. 😅
Et petit à petit, je construis dans ma tête une énorme usine à gaz.
Le galop est devenu emballement.
Et je ne sais plus arrêter le cheval
Le problème, c’est qu’à ce moment-là, je ne veux généralement pas ralentir.
Pourquoi le ferais-je ?
J’ai de l’énergie.
Je me sens bien.
Tout m’intéresse.
J’ai mille idées.
J’ai l’impression d’avancer.
Alors je continue.
Encore.
Encore un peu.
Jusqu’au moment où je n’arrive plus à arrêter le cheval.
Et finalement, il finit par s’arrêter tout seul.
D’épuisement.
Et moi avec.
Alors commence la phase inverse.
Plus d’énergie.
Plus envie de rien.
Tout me paraît compliqué.
Même les projets que j’adore deviennent lourds.
Je me recroqueville.
Je rentre dans ma grotte.
Puis, doucement, l’énergie revient.
Et jusqu’à présent, je faisais toujours la même chose.
Je remontais sur mon cheval et je recommençais exactement de la même façon.
Pas → trot → galop → emballement → épuisement → grotte → récupération… puis nouveau départ.
Et si mon problème n’était pas de savoir avancer ?
Cette prise de conscience change beaucoup de choses pour moi.
Pendant longtemps, j’ai pu penser que mon problème était mon manque de constance.
Pourquoi suis-je capable d’être aussi enthousiaste pendant certaines périodes et de tout laisser tomber quelques semaines plus tard ?
Pourquoi est-ce que je n’arrive pas simplement à être régulière ?
Aujourd’hui, je commence à poser la question autrement.
Et si mon problème n’était pas que je ne sais pas avancer ?
Et si je devais plutôt apprendre à ralentir pendant que tout va encore bien ?
Parce qu’il est relativement facile de s’arrêter lorsqu’on n’en peut plus.
Le véritable apprentissage, pour moi, est ailleurs.
Revenir volontairement du galop au trot alors que j’ai encore de l’énergie.
Accepter de laisser passer une idée.
Ne pas transformer chaque envie en nouveau projet.
Me dire : « C’est une bonne idée, mais pas maintenant. »
Fermer mon ordinateur alors que j’aurais encore envie de continuer.
Accepter qu’une journée moins productive ne signifie pas que je suis en train d’abandonner.
Et surtout, apprendre à reconnaître mes propres signaux avant d’arriver à l’épuisement.
La disparition de mes envies est peut-être l’un de ces signaux
C’est probablement l’une des prises de conscience les plus importantes de cet été.
Mes envies ne sont pas seulement là pour me montrer ce qui me fait vibrer.
Elles peuvent aussi devenir une sorte de jauge intérieure.
Quand elles sont là, elles nourrissent mon élan.
Quand elles commencent progressivement à disparaître, peut-être est-il temps de m’interroger.
Pas forcément sur mes projets.
Pas forcément sur toute ma vie.
Mais sur mon niveau d’énergie.
Sur mon rythme.
Sur la place que je laisse au repos.
Sur tout ce que j’ai accumulé dans ma tête.
Et lorsque mes envies commencent à s’enfoncer dans les profondeurs, je voudrais désormais apprendre à reconnaître ce signal beaucoup plus tôt.
Avant d’arriver au stade où je n’ai plus envie de rien.
Je n’ai pas peur de mes projets
J’ai également compris autre chose pendant cette période.
Au moment de recommencer à aller mieux, une partie de moi avait peur de repartir.
Et je me suis demandé :
« Est-ce que j’ai encore vraiment envie de tout cela ? »
Aujourd’hui, je crois que oui.
Je n’ai pas peur de mes projets.
J’ai peur de ne pas savoir garder les rênes de mon cheval fougueux.
Parce que je connais maintenant la suite lorsque je le laisse s’emballer.
Et parce que ces périodes de down sont suffisamment difficiles pour que je n’aie plus envie de les considérer comme une fatalité.
Je pourrais évidemment choisir une autre solution.
Ne plus galoper.
Faire moins de choses.
Ne plus entreprendre.
Ne plus me lancer dans ce qui m’enthousiasme.
Rester tranquillement au pas pour être certaine de ne jamais tomber.
Mais je n’en ai aucune envie.
Parce que j’aime mon cheval fougueux.
J’aime mon enthousiasme.
J’aime ma curiosité.
J’aime avoir des idées.
J’aime apprendre.
J’aime créer.
J’aime entreprendre.
Je ne veux pas éteindre cette partie de moi pour me protéger.
Je veux simplement apprendre à garder les rênes.
Ma résolution de rentrée sera donc différente
Cette année, je ne vais pas essayer de rattraper ce mois pendant lequel je n’ai rien publié.
Je ne vais pas me fixer dix nouveaux objectifs pour septembre.
Je ne vais pas élaborer un planning extraordinaire censé révolutionner ma vie.
Parce que ce serait probablement… repartir immédiatement au galop. 😉
Je veux essayer autre chose.
Apprendre la régularité.
Mais pas une régularité rigide dans laquelle il faudrait faire exactement la même chose tous les jours, quelle que soit mon énergie.
Une régularité plus souple.
Une régularité qui accepte les jours avec et les jours sans.
Une régularité dans laquelle ralentir ne signifie plus abandonner.
Je veux apprendre à sentir le moment où mon galop commence à devenir emballement.
À revenir volontairement au trot.
À m’arrêter avant que mon corps et ma tête ne soient obligés de le faire à ma place.
Finalement, ma résolution de rentrée pourrait tenir en quelques mots :
Je ne cherche plus à être performante.
Je cherche à devenir régulière, sans m’abandonner en route.
Et si prendre soin de son énergie commençait par apprendre à l’écouter ?
Ce mois de pause m’a aussi donné envie d’explorer davantage cette question.
Comment reconnaître les signes qui nous indiquent que nous tirons trop sur la corde ?
Pourquoi notre énergie peut-elle fluctuer autant ?
Comment retrouver doucement nos envies lorsqu’elles semblent avoir disparu ?
Et surtout, comment prendre soin de notre énergie avant d’arriver à l’épuisement ?
Ce sont quelques-unes des questions que j’ai envie d’explorer ici dans les prochaines semaines.
Parce qu’à force de parler de prévention santé, je réalise que la prévention commence peut-être aussi par quelque chose de très simple :
apprendre à écouter les signaux que notre corps et notre tête nous envoient avant qu’ils soient obligés de crier.
Alors oui, quelques mois après avoir écrit :
« Quand je suis mes envies, je suis en vie. »
je le pense toujours.
Peut-être même davantage qu’avant.
Simplement, aujourd’hui, j’y ajouterais ceci :
Mes envies me montrent où se trouve mon élan. Leur disparition me rappelle qu’il est peut-être temps de prendre soin de moi.
Cette rentrée, je ne cherche donc pas à repartir plus fort.
Je cherche à repartir autrement.
À profiter du pas.
À savourer le trot.
À continuer d’adorer le galop.
Mais à apprendre, enfin, à garder les rênes.
Et vous ?
Est-ce que vous vous reconnaissez dans ce cheval qui s’emballe ?
Connaissez-vous ces périodes où l’énergie et les idées semblent inépuisables… jusqu’au moment où, brutalement, vous n’avez plus envie de rien ?
Et surtout :
Savez-vous reconnaître le moment où votre galop commence à devenir trop rapide ?
Je serais vraiment curieuse de vous lire. 🌿



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